Bitcoin: quel avenir pour la crypto-monnaie la plus utilisée au monde (effondrement du cours, faille de sécurité…)?



Au moment où les autorités financières mondiales avertissaient le public sur les dangers du bitcoin, voilà que la principale plate-forme d’échanges MtGox fait faillite. Les médias parlent même d’une faille de sécurité permettant à des hackers de pirater des porte-monnaies électroniques. L’avenir ce cette monnaie virtuelle est-il pour autant en danger ? Alors que les banques centrales crient à l’arnaque, de grandes surfaces comme Monoprix annoncent leur intention de l’accepter pour leurs paiements en ligne. Le doute s’installe donc chez les internautes : faut-il investir sur le bitcoin en 2017 ? Voici des éléments de réponse.


Héros ou arnaque ?


Pas de banques centrales, et alors ?

L’un de ses avantages, nous dit-on, est qu’il n’y en a pas. Juste un programme informatique conçu par ses créateurs pour relâcher un certain nombre d’unités au fur et à mesure des années. Son ou ses créateurs d’ailleurs, parce qu’en définitive personne ne les connaît. Le seul nom rendu public est celui de Satoshi Nakamoto qui se trouve être le nom de plusieurs milliers de personnes dans le monde. L’objectif est d’atteindre 21 millions de bitcoins sur le marché en 2140. En janvier 2013, l’algorithme a apparemment évolué de manière à n’autoriser que la fabrication de 25 bitcoin toutes les 10 minutes.

La fabrication est assurée par des membres du réseau, que l’on appelle des mineurs. Un mineur est un mathématicien capable de déchiffrer l’équation posée par les créateurs, et d’ouvrir ainsi la corne d’abondance.



Les arguments

« Pas de banque centrale » avancent les supporters du système. Pas de capitalisme à outrance ni de financiers s’appropriant la monnaie. Et c’est bien là le problème justement, car le rôle d’une banque centrale est de réguler le coût d’une monnaie en contrôlant sa production. Car à la vérité, c’est bien son absence qui ne permet pas d’affirmer que les bitcoins sont effectivement produits en telle ou telle quantité.

Et c’est bien pour ça que cette monnaie virtuelle s’apparente plus à une arnaque qu’à une révolution hippie des temps modernes. Le bitcoin est-il une bulle spéculative ?


Un nombre limité, ah vraiment ?

En mai 2014, il y aurait environ 12 750 000 d’unité en circulation. Ce que personne ne peut affirmer, car étant donné qu’il n’y a pas de banque centrale il est impossible d’officialiser le comptage.

La Banque de France prévient d’ailleurs que le caractère « hautement spéculatif » présente un « risque financier certain ». À la vérité, on ne sait pas combien sont en ce moment en circulation, et combien seront minés demain pour venir s’ajouter au marché. Pourtant, de plus en plus de commerces sont attirés par la monnaie virtuelle. Il semble qu’il s’agisse plus d’un phénomène de mode que d’un véritable engouement chez les stars du paiement en ligne.

Que fait-on avec ?

Début avril 2004, le directeur e-commerce de Monoprix, Patrick Oualid, annonce qu’il va les accepter « d’ici la fin de l’année ». On ne parle pour l’instant que de régler des achats sur le site Internet, et d’une probable acceptation future dans les magasins physiques.

Il semble que Patrick Oualid soit le seul à le voir entrer dans les mœurs d’ici 3 à 5 ans. Les autres grands acteurs du commerce en ligne ne s’y précipitent pas, les listes des marchands l’acceptant ne renferment que d’illustres inconnus.

Si ces boutiques en ligne annoncent qu’il est possible d’acheter des pièces de vélo ou des cosmétiques naturels, rares sont celles qui affichent toutes les mentions légales. Pas d’adresse de siège social, pas de nom de responsable, et la plupart du temps les produits en vente sont quasiment inconnus du grand public.

Et on comprend que les marchands soient réticents à l’idée de l’accepter, à cause du clair danger de chute du cours.

Les dangers


danger bitcoin

Une volatilité imprévisible

Du fait de l’absence de banque centrale pour réguler la monnaie, le bitcoin est hyper volatile. Le 15 mai 2014 vers 16 heures, il valait environ 329 €. Le 7 mai, il se situait environ à 300 €. Aux environs du 24 avril, il avoisinait les 363 € pour retomber en dessous de 320 € vers le 2 mai.

Mais il y a mieux. Au milieu du mois de décembre 2013, lil atteignait 800 €, pour progressivement descendre jusqu’à un peu plus de 300 € à la fin du mois de mai. L’inverse se passe de commentaires : alors que le bitcoin était coté à moins de 150 € en novembre 2013, il percute à 800 € à la mi décembre 2013.

Les dangers sont clairs, un acheteur peut dépenser le prix d’une semaine de vacances au ski en un jour, et se retrouver le lendemain avec une monnaie virtuelle ne valant même pas le prix d’une paire de moufles.

Des failles de sécurité dans le système

L’algorithme utilisé pour les fabriquer est donc censé avoir été mis au point par des petits génies de l’informatique. Mais on trouve toujours plus intelligent que soit, c’est ce qui est arrivé à de nombreux informaticiens pensant détenir une mine d’or bien en sécurité dans leur ordinateur.

Des hackers encore plus intelligent s’infiltrent dans les ordinateurs, et volent la clé cryptographique permettant d’ouvrir le porte-monnaie virtuel. Loin de garder ce qu’il contient car ils ont compris les dangers et proposent aux propriétaires de leur rendre leur clé contre espèces sonnantes et trébuchantes, en euros ou en dollars.

Ces mésaventures rappellent qu’il est important de les stocker dans un lieu sécurisé. Le site input.io en a fait les frais. En juillet 2013, des pirates s’introduisent sur la plate-forme d’échange et repartent avec un magot équivalent à 1,2 millions de dollars. L’histoire ne dit pas ce qu’ils en ont fait et s’ils ont réussi à les échanger contre des marchandises ou de l’argent frais.

Aucune forme de protection

L’autorité bancaire européenne mettait déjà en garde contre les risques du bitcoin à la fin 2013. Car aucune compensation n’est prévue en cas de piratage des porte-monnaie numériques. Aucune police financière n’interviendra s’ils se sont volatilisés au cours d’une transaction en ligne.

Lorsque les pirates informatiques ont lessivé la plate-forme input.io, ils se sont retrouvés avec toute une caisse de bitcoins non-immatriculés. S’ils les ont dépensés le lendemain, ils n’ont pas eu à certifier de la provenance car ce genre de dispositif sécuritaire n’existe pas.

Quand les plates-formes d’échanges font faillite

MtGox était la plate-forme d’échanges la plus célèbre et la plus utilisée. La société était enregistrée au Japon, et proposait donc aux internautes du monde entier de posséder un portefeuille virtuel. Pour une raison très obscure, la plate-forme MtGox cesse subitement son activité en février 2014 pour cause de faillite.

Aucune faille de sécurité n’est annoncée, d’ailleurs très peu d’informations filtrent. MtGox se garde bien de communiquer à outrance, et fini par annoncer à la mi-avril qu’elle demande sa liquidation auprès du tribunal de Tokyo.

Si MtGox avait demandé un plan de sauvetage, elle aurait peut-être plus se remettre sur les rails. Cependant pour qu’il soit accepté, il faudrait consulter les quelque 127 000 créanciers disséminés de par le monde, et qui souhaitent le plus souvent rester dans l’ombre.

Et oui, aucun des 127 000 clients de la plate-forme MtGox n’ira demander de comptes au tribunal de Tokyo pour récupérer leur dû. À ce jour, on ne sait toujours pas quelles sont les raisons de la faillite, et cela pèse certainement sur l’avenir du bitcoin.

Faut-il en acheter en 2017 ?


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Son avenir

Il est difficile de le prédire. Il n’est pas forcément radieux, si l’on en croit la réaction des autorités financières internationales. Au début de l’année 2014, la banque centrale de Chine demande à ses établissements bancaires de fermer les comptes de 15 des plus grandes plates-formes d’échange en ligne.

Cette annonce provoqua par ailleurs une chute des cours, car beaucoup de banques chinoises commençaient à proposer des services payables avec la monnaie virtuelle.

Acheter le plus bas possible

Si l’on peut toujours tenter l’aventure, on doit bien garder à l’esprit qu’il s’agit d’une monnaie extrêmement spéculative. Nul n’est jamais à l’abri de la chute du cours , car celui-ci dépend de facteurs que pratiquement personne ne connaît.

Il est donc nécessaire de consulter la courbe d’évolution, et d’acheter au moment où il est le plus bas possible.

À cela, s’ajoute l’importance de ne pas attendre que le cours soit au plus haut pour vendre. Le possesseur doit tout d’abord se demander ce qu’il va bien pouvoir faire avec sa monnaie virtuelle.

Il ne peut pas les placer dans une banque, et malgré ce qui se dit sur Internet, il est très difficile d’échanger du bitcoin contre des euros ou des dollars. Ou tout du moins, certainement pas pour son cours officiel.

Il y a toujours peut-être des affaires en vue, mais cela ne doit représenter qu’un jeu engageant très peu de capitaux, un peu comme si on pariait sur des résultats sportifs.