Investir dans un cheval de course: acheter en multipropriété est-il rentable ?



Bien des turfistes ont ce rêve un peu fou : devenir propriétaire d’un cheval de course. Mais le prix d’un pur-sang est élevé, et la rentabilité de l’investissement n’est pas avéré. Tout le monde n’a pas la chance de tomber sur le meilleur trotteur du monde, surtout si on n’est pas du sérail. Acheter en multipropriété représente une bonne alternative quant au risque pris. On gagne et on perd à plusieurs, sans parler du côté sympathique de se rendre ensemble au champ de course pour voir courir son protégé. Alors, serez vous l’heureux co-propriétaire du prochain Ourasi ?


Acheter des chevaux de course : est-ce rentable ?


La passion est saine, mais elle aveugle parfois celui qui s’y adonne. Contrairement aux idées reçues, il n’est pas nécessaire d’être riche pour devenir propriétaire d’un trotteur ou d’un galopeur, il y a assez de courses en France pour satisfaire tous les niveaux. Bien sûr, pour acquérir des trotteurs de légende, ou en tout cas appelés à le devenir, il faudra mettre le prix, les origines étant presque toujours déterminantes.

Tout dépend donc de votre objectif : gagner beaucoup d’argent ou juste rentrer dans vos frais histoire d’avoir de bonnes sensations sur le terrain toute l’année. Rien ne remplace l’ambiance d’une course, grisante à souhait.


Combien ça coute ?

Retour aux choses sérieuses, car quand il faut sortir le carnet de chèques, cela n’a plus rien d’un amusement. Commençons par les gains (qui sont net d’impôts, ouf), car tout n’ira pas dans votre poche. Il faudra en reverser 16% à l’entraineur et 6% au jockey.

Ensuite, il faudra veiller aux frais d’entretien, et plus l’entraineur est reconnu, plus ceux-ci sont élevés : comptez 20 000 euros par an pour un coureur moyen. Un cheval qui ne gagne pas devient donc vite un gouffre financier, mais quand on aime on ne compte pas, vrai ?

Si pour une raison ou une autre vous êtes un jour appelé à vous en séparer, et que vous avez la chance de le revendre à un bon prix, sachez que les plus-values éventuelles seront fiscalement imposables, même si des abattements sont prévus (15% par année de détention).



Le prix d’un pur-sang

La valeur d’un pur-sang arabe (ou non) va être fixé par ses origines, et par l’espoir qu’y mette les spécialistes, raison pour laquelle certains poulains valent déjà plus d’un million d’euro avant même d’avoir commencer à marcher. Mais personne n’est à l’abri d’une bonne surprise et de gagner le prix du jockey club avec un cheval venu de nul part.

Le pédigrée reste toutefois la meilleure façon de ne pas se tromper quand on achète. Si maman était une spécialiste des longues distances, il est fort à parier que le petit s’épanouira à partir de 2400 mètres. Crack ou non, si vous démarrez, l’achat d’un yearling (cheval de 2 ans) en multipropriété est conseillé.

Pourquoi vaut-il mieux acheter à plusieurs ?


France Galop, la société qui organise les courses, demande à chaque futur propriétaire d’avoir des revenus oscillant entre 30 et 75 000 euros en fonction du lieu d’entrainement envisagé pour pouvoir acquérir. Vous devez ainsi prouver que vous avez les moyens de subvenir au besoin de votre acquisition. Les achats groupés allègent donc cette obligation de revenu.

investir sur un trotteur

Devenir membre d’une écurie, c’est avoir des trotteurs en parts, ou des galopeurs qui portent vos couleurs. A plusieurs, on peut en effet diversifier les risques en achetant plusieurs chevaux. La plus grosse écurie connue est celle d’RMC, ou plus de 10 000 turfistes amateurs ont souscrit des parts valant chacune 50 euros. C’est aussi avoir les moyens financiers de s’entourer de professionnels compétents, pour l’achat et l’entrainement.

Comment acheter des parts ?

Si vous voulez démarrer votre carrière de propriétaire tout de suite, il faut contacter une écurie qui existe déjà, et voir avec elle si des parts sont à vendre. Une fois actionnaire, à vous les champs de course et les remises de trophées. Pour les cardiaques, attention aux palpitations.

Dans tous les cas soyez vigilant : le risque d’y laisser sa chemise est réel. Mais quel plaisir d’encourager son favori au bord de la piste ! Attention faites vos jeux, rien ne va plus… Envie d’autres investissements risqués ? Lire aussi :