Bulle internet : le krach boursier en 2015 (Facebook, Amazon, LinkedIn, Twitter…)? 



Si vous souhaitez acheter des actions de Facebook, vous devez savoir que la valorisation du géant des réseaux sociaux est 57 fois supérieure à ses bénéfices annoncés pour 2014. Il y a mieux : Linkedin, le numéro 1 des réseaux professionnels, est aujourd’hui côté 124 fois par rapport à ses bénéfices annoncés. Depuis février, l’indice Nasdaq biotechnologie a perdu 19 %. En une journée, le Nasdaq lui-même a plongé de 3,10 %, la faute à Amazon (-4 %), Facebook (-5 %) et d’autres valeurs technologiques surcotées. Oui, il y a des risques d’investir en bourse, surtout s’il y a un krach boursier en vue. Aujourd’hui certains signes rappellent la bulle spéculative de 2000, et font ressortir le spectre de l’effondrement de la bourse américaine.


La bulle spéculative, qu’est-ce que c’est ?


Définition de la bulle économique

On en parle dans une situation où un marché est largement surestimé par rapport à sa valeur réelle. Les termes utilisés sont ceux de bulle financière, spéculative ou économique. Dans ces situations, un grand nombre d’investisseurs sont attirés par les lueurs de la plus-value. Ils sont donc nombreux à demander l’achat d’actions, ce qui augmente la valeur desdites parts. Mais à un moment donné, les résultats de l’entreprise montrent que le rendement est bien inférieur au prix que les investisseurs ont payé. Dès l’annonce des résultats, la réaction de ces investisseurs imprudents est imminente : vendre.

C’est donc l’inverse qui se produit, les vendeurs sont plus nombreux que les acheteurs et les prix des actions chutent. On dit alors que la bulle éclate. Et comme ce sont nos voisins d’outre-Atlantique les plus spéculateurs, le krach mondial commence avec l’effondrement de la bourse américaine.


Les raisons 

Elles naissent lorsque les logiques d’investissement sont basées sur une sorte d’instinct, mêlé à l’excitation du jeu. On pense que le prix sera plus élevé demain, alors on suit le mouvement sans se préoccuper de la pertinence de l’investissement.

Car l’humain peut se laisse facilement attirer par les chants des sirènes, et ce depuis fort longtemps.

La première de l’histoire 

C’est celle des tulipes de Hollande, qui illustre parfaitement la notion d’hystérie collective. S’il est difficile de retracer exactement l’historique de la crise des tulipes, on sait qu’en février 1637 un bulbe pouvait se négocier pour un montant égal à 10 ans de salaire d’un artisan qualifié. Toujours est-il que, sans que l’on sache vraiment pourquoi, elles sont devenus de plus en plus chers. Les prix montaient, montaient, montaient, et de fait tout le monde se mis à cultiver des tulipes parce que les prix montaient et que l’on pouvait les revendre. 

Et à un moment donné, la foule s’est rendue compte qu’il n’était pas nécessaire de verser le prix d’une maison pour un bulbe que l’on pouvait cultiver tranquillement dans son jardin. Du jour au lendemain, des investisseurs se sont retrouvés avec un morceau de tulipe qu’ils avaient payé le prix de 5 ha de terrain hier, et qui valait tout juste un quignon de pain aujourd’hui.

Par la suite, on recense quelques perles comme la spéculation immobilière de Paris, Berlin et Vienne vers les années 1870. N’oublions pas celle de 1929, et surtout le parfait exemple de la spéculation irréfléchie de 2000.



L’éclatement de la bulle Internet de 2000

Au début des années 90, les investisseurs commencent à s’intéresser aux valeurs technologiques. Les secteurs des télécommunications et de l’informatique sont particulièrement prisés. Le Minitel est progressivement remplacé par une technologie de réseau, appelé Web ou encore Internet. En 1995, Netscape s’introduit en bourse. En une seule journée, le cours de son action passe de 28 $ à 75 $, lui permettant de lever 2 milliards de dollars de capitalisation boursière.

bulle Internet

Pendant les 5 années qui suivent, tout le monde y va de son investissement et de ces faramineuses promesses de rendement. Les médias étalent des exemples de jeunes cadres dynamiques devenus millionnaires suite à leur introduction en bourse. Et personne ne se soucie de consulter leur bilan comptable, personne n’aperçoit le krach boursier en vue. 

Résultat : en mars 2000 la bulle Internet éclate, tous les profits réalisés depuis 1995 par les 4300 sociétés du Nasdaq partent en fumée en l’espace d’1 an.

Les risques de krach boursier en 2015


Les phénomènes Facebook et Twitter

Facebook est un bel exemple de réussite à l’américaine. Mais les investisseurs ont appris à réfléchir depuis mars 2000. Ils se méfient, aussi quand Marc Zuckerberg l’introduit en bourse le 18 mai 2012, le cours des actions finis en dessous de leur cours d’introduction. Mais en février 2014, le plus grand réseau social du monde achète l’application de messagerie WhatsApp pour 19 milliards de dollars. Et là tout le monde se pose la question : mais il est fou ? 

Oui, sans doute, tout autant que les banquiers et investisseurs qui l’ont suivi dans l’aventure, car personne ne s’est soucié de savoir si ça valait véritablement 19 milliards de dollars. Les investisseurs non plus, car le rachat de l’application a permis de faire monter l’action en bourse, sans fondamentaux rationnels. Après un demi-échec, maintenant tout le monde veut acheter des actions Facebook.

Car les investisseurs chevronnés gardent en mémoire l’entrée à Wall Street de Twitter, dont l’action a bondi de 70 % lors de sa première séance de cotation début novembre 2013. Or à ce moment précis, personne n’écoute la société de recherche Hudson Square, qui rappelle que Twitter est survalorisé 600 fois par rapport à son rendement d’exploitation anticipé. Twitter, ce réseau social qui n’a jamais dégagé un seul centime de bénéfices, affiche désormais une valorisation boursière de 23,4 milliards de dollars. 

Tout le monde a regardé le chiffre d’affaires, personne ne s’est occupé du bénéfice.

Quand le Nasdaq tousse, le monde est malade

Le 10 avril 2014, le Nasdaq perd 3,10 %. Amazone subit -4 % dans la journée, Netflix et Facebook accusent une baisse de 5 % de la valeur de leurs actions. Le lendemain la bourse de Tokyo perd 2,38 %, le Stoxx 600 (indice européen des valeurs technologiques) encaisse -2,1 %, et le CAC 40 perd 1,01 %. Et dans ce recul général, certains se trouvent en véritable situation de débâcle, à l’image de Splunk qui perd 39 %, et de Workday qui chute de 35 %.

chute de la bourse

Et l’on se rend compte alors que les fortes baisses des actions ne datent pas d’hier. En avril 2014, les 15 premières valeurs du Nasdaq ont perdu près de 150 milliards de dollars de capitalisation en tout juste 1 mois. Cela représente une baisse de 20 % de leur capital. Et les analystes de ressortir l’historique de la bulle Internet de 2000.

Ce sont particulièrement les sociétés technologiques spéculatives, présentant des bonnes opportunités mais pour l’instant peu de résultats qui souffrent. Et tout le monde est bien obligé de faire le rapprochement avec les fortes baisses des actions qui avaient eu lieu en 2000.

Des premiers signes de chute de la bourse en 2015 ?


Les raisons de voir une forte baisse des actions

Certains signes portent à anticiper une chute de la bourse en 2005. Par exemple, les valeurs biotechnologiques entament elles-aussi périodes de baisse. L’indice Nasdaq biotechnologie a perdu 19 % depuis la fin février. Juste avant, on avait observé un engouement pour des valeurs biotechnologiques en 2012 et 2013. Résultat, des sociétés comme Bioalliance Pharma avaient gagné 138 % de cotation ! Suivie fièrement par Inate Pharma avec ces +114 %, tandis que Valneva n’affichait « que » +61 %. Tout porte à croire que la hausse des actions fait suite à un engouement impulsif d’un grand nombre de petits porteurs.

Certains soupçonnent que l’indice est artificiellement gonflé par des fusions-acquisitions dans le secteur technologique. Début mars, il avait atteint son plus haut niveau depuis avril 2000. C’est notamment l’acquisition de WhatsApp par Facebook qui a participé au gonflage de l’indice.

Les raisons de ne pas paniquer

À la fin du premier trimestre 2014, on estime que les valeurs technologiques sont valorisées en moyenne pour 22 fois leurs bénéfices. Dans les années 2000, cette survalorisation était de l’ordre de 60 fois. On en est donc loin, et le phénomène de sur-cotation ne concerne pas la majeure partie des entreprises cotées en Bourse. 

Le début de l’année 2014 s’est d’ailleurs particulièrement bien déroulé en bourse. La baisse qui se présente actuellement pourrait bien n’être qu’un simple ajustement.

Il convient de relativiser, la forte baisse est pour l’instant limitée aux valeurs technologiques et biotechnologiques surcotées. Des valeurs sûres comme Microsoft ont pris +3,5 %, et Apple n’a perdu que 1,39 %. Nous sommes encore bien loin des chiffres des années 2000. 

En 1999, le montant total des capitaux levés en bourse était de 39,9 milliards de dollars, pour 373 introductions nouvelles. En 2012, on n’a vu que 25 nouvelles entrées en bourse, pour une levée de capital de 20,5 milliards de dollars, dont Facebook représentait 16 milliards de dollars à lui tout seul.