Investissement à haut rendement: les obligations d’entreprise (+4% rendement)



À l’heure où l’épargnant ne fait plus confiance à la bourse, il recherche avant tout un placement sûr. Malheureusement bien souvent la sécurité va de pair avec de faibles performances, comme on le constate au regard du taux du livret A. C’est dans ce contexte que les investissements en obligations d’entreprise prennent toute leur pertinence. Si le capital n’est pas garanti il est relativement sécurisé, et surtout le rendement est connu à l’avance et constitue un engagement de l’entreprise émettrice envers le particulier investisseur. Voici pourquoi et comment choisir des placements offrant des rémunérations de 4 % à 7 %.


Qu’est-ce qu’une obligation ?


Un emprunt à échéance

C’est une créance que détient l’investisseur envers l’émetteur. L’émetteur a l’obligation de verser un rendement annuel fixé d’avance, appelé coupon. Il remboursera le capital prêté à la maturité de l’obligation.

Prenons l’exemple d’un particulier qui achète pour 10 000 € à 5 ans, avec rendement de 4,5 % par an. Un an après son achat, l’émetteur lui versera 450 €. En 5 ans, le particulier investisseur aura gagné 2250 €. Au bout de la 5e année, il récupère ses 10 000 € de capital et se retrouve avec 12 250 €.


Une méthode de financement pour les entreprises

Ce système est utilisé par les entreprises pour se financer auprès du public. En période de crise économique, les banques deviennent de plus en plus exigeantes et certaines sociétés, même de grande ampleur, ont du mal à se financer. Soit les banques leur demandent un taux d’intérêt élevé pour couvrir le risque, soit elles ne s’engagent que sur une partie des besoins financiers de l’entreprise.

Dans ce cas elles doivent faire appel aux fonds publics. Elles émettent des obligations pour un certain nombre d’années, et proposent à des investisseurs privés de les acheter. Une fois toutes les émises vendues, elle dispose du capital nécessaire pour réaliser ces investissements. Pendant 1 an, elle n’aura pas besoin de verser de mensualités et dispose ainsi de plus de trésorerie. Cette méthode est donc plus avantageuse, car si l’entreprise avait fait appel aux prêts bancaires, elle aurait dû verser des mensualités aux prêteurs.



Un investissement plus sûr que les actions

Cet investissement est plus sûr que de jouer en bourse. Effectivement, lorsqu’un particulier achète une action, il n’est pas certain de récupérer son capital de départ, et n’est pas sûr non-plus de percevoir un dividende.

S’il achète une obligation, le seul événement qui l’empêcherait de percevoir capital et dividende serait la faillite de l’émettrice. Ce risque est largement diminué lorsque l’on s’adresse à une entreprise de grande taille. Attention toutefois, certaines obligations ne permettent pas de dégager un coupon fixe mais variable.

Taux fixe et à taux variable

Certaines ont un taux de rendement fixe, d’autres ont un taux de rendement variable. Lorsque le taux est variable, il est obligatoirement indexé sur un indice de référence. Cependant celui-ci n’est connu que peu de temps avant le détachement du coupon. En choisir une permet d’espérer un rendement supérieur de celui des obligations à taux fixe. En revanche, l’investisseur pourrait voir son rendement diminuer.

Il est recommandé de s’adresser à un professionnel pour profiter pleinement de ce rendement.

Lequel espérer ?


rendement obligations

Préférez les fonds d’investissement

Pour obtenir un bon rendement il faut diversifier les risques. Et pour cela il est toujours préférable de choisir un fonds d’investissement en obligations détenu en multipropriété. Chacun des propriétaires détient un certain nombre de parts, et perçoit une rémunération en fonction du nombre de parts qu’il possède. Ce sont les gérants du fonds qui font la sélection, ce qui ne doit pas empêcher l’investisseur de consulter un avis désintéressé.

Les fonds à haut rendement

Ils sont des alternatives aux actions. Les fonds obligataire à haut rendement ne contiennent que des obligations émis par des entreprises notées au mieux BB+ par les agences de notation. À cause de cette note relativement faible, elles ont du mal à se financer auprès des banques. Elles sont donc obligées de proposer un rendement élevé afin d’attirer les investisseurs. Il n’est pas rare d’en trouver avec un coupon à 7 %/an.

Mais ces fonds comportent des risques de faillite, à hauteur de 5%. Les gérants de ces fonds sont réputés pour déterminer leur répartition en se basant sur un risque  de 10 % inclus. Cette application du principe de précaution permet de préserver l’aspect sécuritaire de l’investissement.

Le rendement des fonds à échéance

Ils incluent un ensemble d’obligations, dont le rendement se situe entre 4 % et 7 % par an. Seule la faillite de l’entreprise empêcherait l’investisseur de récupérer son capital et son rendement. Ils doivent être détenus jusqu’à l’échéance des obligations.

Les investisseurs ne peuvent donc pas récupérer leur capital à tout moment. Les entreprises incluses dans ces fonds d’investissement présentent des niveaux de sécurité supérieurs à celles des fonds à haut rendement. Certains gérants ne choisissent que des sociétés notées BBB pour la sécurité.

L’investisseur doit bien réaliser que ni les intérêts, ni le capital placé ne sont garantis ici. Car le rendement pourrait diminuer si une ou plusieurs boîtes incluses dans le fonds ne sont pas en mesure de rembourser leurs dettes. La règle est simple : plus la maturité est longue, moins c’est sécurisé. Dans un fonds sérieux, il faudrait 20 % de faillite pour que l’investisseur ne récupère pas son capital en totalité.

Le rendement en direct

Les obligations en direct, comme l’OAT émise par l’État français, sont les plus faciles à acheter. Malheureusement leur rendement n’est pas très intéressant, et dépasse très rarement les 3 % sur 10 ans.

Comment en acheter ?


acheter des obligations

Sur le marché secondaire

Les anciennes peuvent être achetées sur un marché secondaire, sur lequel elles sont cotées en Bourse. C’est par ailleurs sur ce même marché qu’un investisseur pourra les revendre avant terme. Il suffit tout simplement de passer un ordre de bourse par l’intermédiaire d’un établissement financier. Attention toutefois, sur un marché secondaire elles peuvent se vendre pour un prix supérieur à leur valeur réelle.

Acheter sur le marché primaire

Lorsqu’une entreprise émet des obligations, elle le fait sur le marché primaire. Elle signale aux établissements financiers qu’elle va souscrire un emprunt, à une date donnée.

Il se passe généralement 3 semaines entre l’annonce de l’emprunt et le règlement. L’annonce est accompagnée d’un contrat d’émission, qui indique le prix, la date de départ du calcul des intérêts, le montant de l’intérêt annuel, la date de règlement, la durée de l’emprunt et enfin la date de remboursement du capital.

Investir à travers des fonds d’obligations

Ils sont les plus accessibles au grand public. L’investisseur peut s’adresser à sa banque, ou à un courtier spécialisé. Il devra s’acquitter de droits d’entrée, et de droit de garde qui peuvent se monter jusqu’à 0,50 % du montant investi. Ils ont tous un ticket d’entrée minimum. Cela n’empêche pas l’investisseur de placer son argent auprès de différents fonds, afin de minimiser les risques.

Dans un contrat d’assurance-vie

Il est possible d’investir dans les obligations à travers un contrat d’assurance-vie. Cette disposition permet à l’investisseur de transmettre un patrimoine en minimisant au mieux l’impact fiscal. L’investisseur peut ainsi nommer une personne comme bénéficiaire, cette personne recevra lesdites obligations hors succession. Le montant du capital transmis n’entamera donc pas l’abattement sur les successions, si les conditions sont réunies et dans une certaine mesure.

De plus, les assurances-vie présentent un aspect fiscal intéressant pour celles qui sont à échéance. Effectivement, les particuliers bénéficient d’un abattement sur les plus-values, dont le montant est progressif en fonction du nombre d’années de détention.

Investir directement auprès des entreprises

Il n’est pas toujours facile pour un particulier d’en acheter. Il arrive pourtant que certaines en émettent à destination du public. C’est notamment le cas d’EDF, qui en avait émis sur 5 ans en juillet 2009, avec un coupon de 4,5 %. Le Crédit Foncier s’est également placé sur le marché obligataire en février 2012, à 6 ans et 4,25 % de coupon.

Acheter celles des collectivités locales

Les collectivités locales se mettent également à en proposer. Suite à l’impact de la crise bancaire, les communes et les départements ont de plus en plus de mal à financer leurs projets. Ils s’adressent donc aux particuliers, en émettant des obligations de 4 ans à 6 ans, permettant un rendement compris entre 4 % et 4,5 %.