Ouvrir un magasin de jeux vidéo



Quand on cherche ouvrir un commerce rentable, pourquoi ne pas se lancer dans un magasin de jeux vidéo ? Car le secteur est porteur, avec un chiffre d’affaire croissant chaque année. Toutes les tranches d’âge sont impactées. On peut choisir d’ouvrir une boutique en franchise, d’y revendre des jeux vidéos d’occasion, des consoles vintages, du rétro gaming (Nintendo, Sega, Game Boy, Atari…), des produits dérivés (goodies) ou bien d’en faire une boutique de mangas et d’import japonais. Mais pour créer un magasin de A à Z en France ou en Belgique, il ne suffit pas d’avoir la culture geek. Il faut un budget, faire des démarches, sélectionner grossistes et fournisseurs. Comment ouvrir un magasin de jeux vidéo ? A suivre, toutes nos infos.


Les étapes pour se lancer


Vous avez un projet ? Bravo, c’est la première étape. Mais il va falloir franchir les paliers pour le concrétiser. D’abord, se demander si il s’agira d’une création ou d’une reprise. Le budget prévisionnel ne sera pas le même dans les deux cas. Une reprise vous permettra de générer directement un certain chiffre d’affaire mais vous coûtera sûrement plus cher, à moins de reprendre une boîte à la dérive.

Ce qu’il faut que votre plan business plan face ressortir, c’est le point mort, appelé aussi seuil de rentabilité, pour savoir à partir de quel CA vous allez commencer à gagner de l’argent.



Dans le cas d’une création

Il faut prendre le temps de trouver le bon emplacement libre, à moins d’ouvrir seulement un site Internet. Dans ce dernier cas, attention, la concurrence de la vente en ligne est de plus en plus importante. Il existe une autre alternative : la franchise, qui permet de bénéficier d’un réseau déjà existant (franchise Micromania par exemple).

Une étude de marché approfondie vous permettra de connaître l’importance de votre marché. Commencez par évaluer le passage devant l’endroit que vous avez choisi pour vous installer.


Quel profil faut-il avoir ?

Tout le monde n’est pas capable de gérer une boutique, surtout s’il y a des employés. Il faut des qualités de management. Ensuite, il faut être rigoureux, surtout avec la comptabilité qui ne permet aucune erreur. Parler anglais est en plus, surtout quand on exerce dans les grandes villes, où les touristes sont légions et peuvent pousser la porte, pour autre chose qu’un renseignement de direction.

Enfin, et surtout il faut aimer tout se qui touche au multimédia, et vouloir devenir son propre patron, avec la liberté que cela comporte mais aussi les nombreuses contraintes, notamment le nombre d’heures. Il faut oublier les 35 heures quand on dirige sa propre boutique. La motivation ne suffira pas, il faudra aussi mettre beaucoup d’huile de coude.

Avoir déjà une expérience dans le commerce sera un vrai plus. Dans le cas contraire, pourquoi ne pas effectuer un stage long ou une formation ?

Ouvrir un magasin en franchise : JeuxVideo.fr


Les réseaux ne manquent pas. Certains sont vraiment spécialisés dans le jeu d’occasion. Les clients aiment cette formule qui leur permet d’économiser jusqu’à 75% du prix du neuf, formule très appréciée par ceux qui ont des petits moyens et qui aiment souvent changer de jeu. C’est notamment le cas des magasins JeuxVideo.fr. Le concept est efficace : les ventes d’occasions sont garanties, et le paiement se fait en liquide.

Les gamers peuvent ainsi réinvestir directement leurs profits dans les boutiques. Etre le franchisé d’une telle enseigne permet de bénéficier d’avantages, notamment pour pouvoir gérer son commerce au quotidien (système informatique + fournisseurs + communication). En échange, il y a un droit d’entrée à payer et une cotisation chaque année. Le réseau compte plus de 45 enseignes à l’heure actuelle, ce qui en fait une marque importante dans le paysage du jeu vidéo.

Game Cash : 70 magasins + 1 gros site Internet

En matière de franchise, pour le jeu d’occasion, il y a le choix. Prenons un autre exemple, celui du réseau Game Cash, spécialisé dans l’achat et la revente avec un large choix et des prix tout à fait corrects. L’enseigne fait aussi une part belle au rétro gaming avec un reconditionnement impeccable. La clientèle est assez fidèle, on peut même parler de communauté.

On peut ouvrir une boutique estampillée de la sorte avec un budget d’environ 120000 euros (et un apport personnel de la moitié), dont 10% seront consacrés au droit d’entrée. Game Cash fournit a ses franchisés une formation et une aide au financement. En échange, il faudra lui procurer une redevance chaque mois et des royalties.

De plus, vous ne pourrez pas vous installez n’importe où, certaines villes étant déjà bien pourvues, et d’autres à pourvoir. Une vingtaine de boutiques ouvrent chaque année : serez-vous de ceux là ?

Micromania

C’est l’enseigne la plus connue, mais elle ne propose pas de franchise (elle développe uniquement ses propres magasins). C’est dommage, car elle est leader dans le domaine ultra concurrentiel des jeux vidéo. On y va surtout pour le choix, mais aussi pour le conseil, les vendeurs sachant de quoi ils parlent.

Si vraiment Micromania vous fait rêver, vous pouvez toujours choisir d’y postuler comme vendeur ou manager. Le réseau étant très étendu, il y a toujours des places à prendre. C’est une bonne façon de vous faire là main pour un jour ouvrir votre commerce.

Se lancer en indépendant : attention secteur en crise


La vie d’un travailleur indépendant n’est quand même pas évidente au quotidien. Et face aux gros réseaux, être seul est un désavantage, à moins d’être très bien implanté dans le tissu local. Tout le monde n’a pas la chance de pouvoir surfer sur un Blockbuster comme le fut la PS3 ou la Wii.

Car la concurrence est rude : il y a les grosses chaines, comme celles vues précédemment dans cet article, mais aussi les grandes surfaces qui drainent de plus en plus de clients, sans parler d’Internet et des sites de petites annonces. De plus, les éditeurs tentent de lutter contre la revente, et mettent en place des techniques sophistiquées pour cela, qui rendent le métier de plus en plus difficile.

devenir indépendant

Car le jeu maintenant, c’est surtout pour les consoles. Les joueurs sur PC téléchargent sur des plates-formes spécialisées comme Steam (sans parler du piratage), il y a donc toute une partie du CA des boutiques qui c’est évaporé en quelques années.

Et cette offre dématérialisée va devenir la norme. Il est donc important d’élargir son offre, et de vendre des produits dérivés pour s’en sortir, car les marges sur les jeux neufs sont très faibles, pas plus de 20%. L’occasion, elle, rapporte un peu plus. Reste l’importance du conseil, mais peut-il faire vivre une boutique ?

Le grand danger : la dématérialisation

L’avenir pour le petit commerçant qui vend des jeux vidéos n’est pas rose. Comment lutter face à la dématérialisation, nouvelle façon de jouer des jeunes générations ? Les boîtes qui gèrent ces plateformes en ligne n’ont pas les mêmes frais de structure, les mêmes charges, les mêmes contraintes de stock.

Les rayons PC disparaissent des magasins, mais ils ne vont pas être les seuls à disparaitre dans un avenir proche. Le tout en ligne est en marche, à Paris comme en province. Et le vendeur aura beau être très compétent et aimé de ses clients, ce n’est pas cela qui fera entrer l’argent dans le tiroir caisse.

La grande tendance du futur pour les boutiques : les produits dérivés


Mais un véritable commerçant doit savoir se renouveler, et trouver des solutions pour faire marcher sa boutique. Il faut dégoter d’autres produits, qui rapportent, qui font de la marge et qui vont équilibrer le chiffre d’affaire. Les produits sous licence, par exemple, sont à la mode, et profitent de l’engouement d’un client qui veut l’avoir tout de suite, raison pour laquelle il ne le commande pas sur Internet, pour ne pas attendre.

Les librairies spécialisées en BD avaient déjà amorcé la tendance pour subsister. Cela suppose donc d’anticiper les modes et d’avoir ce qu’il faut en magasin quand la porte s’ouvre.

Les produits dérivés sont surtout des figurines, inspirés du cinéma et des séries. Les plus vendus restent ceux de Star Wars, et chaque nouvelle épisode est un jackpot pour les revendeurs. Même chose avec les super héros. Les fans se transforment souvent en collectionneurs, et dépensent sans compter pour assouvir leur passion, qu’ils aient 10 ou 40 ans. Il y a même des magasins qui ce sont spécialisés en Pop Culture.

Le nouveau concept de Micromania

Le jeu vidéo ne permettant plus de faire fortune, la célèbre enseigne lance ses magasins de figurines et autres mugs à la gloire et à l’effigie des personnages qui font l’actualité cinématographique (dans leur grande majorité). Le concept est simple : vendre tout ce qui existe sur un personnage, pour que les fans y reviennent encore et encore.

C’est donc la nouvelle tendance dans l’univers du gamer, la clientèle étant souvent la même. Ce genre de magasin ouvre maintenant un peu partout dans le monde. La plus grosse période pour faire de l’argent : Noel, bien sur, mais pas que. Chaque nouvelle sortie d’un héros Marvel au cinéma se transforme en mine d’or…

Le retro gaming

C’est l’autre grande tendance à suivre : jouer sur les souvenirs des trentenaires avec du pouvoir d’achat, qui ont passé leur enfance à jouer sur les premières Sega ou Nintendo. Car ces vieilles consoles sont maintenant passées du côté des antiquités, et ce négocient comme telles. Bon, même si c’est à la mode, on se demande quand même si cette tendance va perdurer.

C’est pareil avec les vieux jeux. On les retrouve qui s’arrachent à prix d’or sur les stands des brocanteurs qui ont flairés un nouveau filon. Pour pouvoir le vendre le plus cher possible : il faut qu’il soit dans son emballage d’origine et que personne n’ait jamais joué avec.

retro gaming

Ils sont des milliers prêts à mettre des fortunes pour avoir dans leur collection le premier Tétris, ou mieux encore, le premier Pac-Man. Ce sont des classiques, et leur succès est devenu légendaire, certains passant même dans des ventes aux enchères prestigieuses. Vous allez regretter  de les avoir mis à la poubelle lors de votre dernier nettoyage de printemps.

Les aides à la création d’entreprise


Bon, si malgré toutes nos mises en garde vous êtes quand même prêts à vous lancer et à ouvrir votre commerce de jeux vidéo, sachez qu’il existe des aides pour les créateurs, qui permettent de minorer l’apport personnel. Notre premier conseil : la meilleure période pour créer sa boîte est celle du chômage.

En effet, une inscription à Pole Emploi permet de postuler à de nombreuses aides comme l’exonération d’une partie des charges sociales pendant un certain temps (ACCRE) ou le maintien de ses indemnités chômage le temps de pouvoir se dégager un salaire.

Les assedics permettent donc de ne pas se payer pendant quelques mois, c’est parfait pour accumuler de la trésorerie et augmenter ses chances de survie. A cela s’ajoute le dispositif NACRE, qui permet d’emprunter une certaine somme d’argent à taux 0 et d’avoir un accompagnement personnalisé. Dans la série des aides financières, notons aussi celle de France Initiative Réseau. Selon votre région ou votre département, il y a sans doute d’autres dispositifs de prévus, renseignez-vous pour ne rien louper.

Si ouvrir un magasin de jeux vidéos vous titille, sachez qu’il a des similitudes avec l’ouverture d’un dépôt-vente, notamment pur tout ce qui concerne l’occasion.