Une crise des subprimes en 2015 ? Titrisation en France, shadowbanking en Chine, surendettement en Grèce…



L’économie se redresse, l’Europe renoue avec la croissance et le printemps revient. Tout cela ne serait que bonnes nouvelles sans l’arrivée des titrisations dans l’économie française, le risque du Shadow Banking à outrance en Chine, et surtout les signes d’une probable crise de l’immobilier en Grèce. On a vu des printemps pluvieux, et certains analystes tirent la sonnette d’alarme quant à la possibilité d’une nouvelle crise économique mondiale en 2015. Si on ne peut pas encore parler de l’arrivée imminente d’une crise financière en 2015, il serait bon de gonfler la bulle de la croissance avec prudence, pour éviter l’éclatement. Voici trois signes que les ministres de l’économie feraient bien de prendre en compte.


La titrisation des créances en Europe


En quoi consiste la titrisation des créances ?

Lorsqu’un particulier ou une entreprise souscrit un crédit auprès d’une banque, la banque possède donc une créance envers l’emprunteur. Elle lui a prêté un capital sur lequel elle perçoit des intérêts pendant un certain temps, capital qu’elle ne pourra récupérer qu’avec parcimonie, jusqu’à la fin des remboursements. En clair, l’argent prêté ne pourra pas servir à prêter davantage jusqu’à ce qu’il soit intégralement remboursé.

Si elle veut disposer du capital prêté avant qu’il ne lui soit entièrement remboursé, une banque peut revendre sa créance à des investisseurs. C’est ce que l’on appelle une titrisation. Cela ne change absolument rien pour l’emprunteur, qui continue à rembourser sa banque, banque qui reverse ces remboursements aux investisseurs auprès de qui elle a « titrisé ».

Jusqu’ici tout va bien, sauf lorsque les emprunteurs ne remboursent plus.


La titrisation provoquera-t-elle l’effondrement de l’économie française en 2015 ?


La Banque Centrale Européenne (BCE), la Banque de France (BDF) et d’autres banques centrales de pays européens soutiennent la titrisation des créances. C’est ainsi que plusieurs grandes banques comme BNP Paribas, Crédit Agricole, HSBC France, Société Générale et BPCE se sont lancées dans la titrisation au début avril 2014. 

Au grand dam des détracteurs de ce principe financier, qui rappelle que Lehman Brothers était spécialistes de la titrisation.

Pas de panique répond la Fédération des Banques Françaises (FBF), notre titrisation à nous répond à « des standards élevés de transparence, de simplicité et de sécurité favorisant ainsi une titrisation de haute qualité ». Les 2,65 milliards de dollars titrisés en avril ont une maturité de 3 ans, leur risque est en partie garanti par la Banque de France. Dernières informations rassurantes, la FBF précise que les créances adossées à ces titrisations ont une note élevée dans l’échelle de cotation de la Banque de France.

Lehman Brothers aussi avait une note de confiance élevée au sein des agences de notation.



La bombe à retardement chinoise


Définition du Shadow Banking

Le Shadow Banking est l’art et la manière de financer comme une banque, sans être soi-même une banque, en prenant le moins de précautions et le plus de risques possibles. Comme il faut bien une entité légale, on a recours à des trusts, c’est-à-dire des sociétés financières en qui il ne faut surtout pas avoir confiance. Alors pourquoi le Shadow Banking représente 20 % du PIB chinois, pour un volume de l’ordre de 3300 milliards de dollars ?

danger des subprimes

Parce que les banques traditionnelles et sérieuses sont moins enclines à prendre des risques et donc à financer des projets insensés. En contrepartie, le rendement qu’elles distribuent sur leurs placements financiers n’est pas vraiment attractif. Par conséquent les villes chinoises souhaitant se livrer à des projets pharaoniques empruntent à la finance du Shadow Banking, qui elle-même s’adresse à des investisseurs privés attirés par les promesses de gros bénéfices.

Quand le Shadow Banking menace de provoquer une crise financière en 2015

La China Credit Trust a récemment fait trembler l’économie mondiale. Cette très respectable société de Shadow Branking avait collecté 500 millions de dollars pour les prêter à une entreprise énergétique de la province du Shanxi. Tout se passe bien pour les 700 investisseurs qui récupèrent environ 80 millions de dollars, jusqu’à ce que cette entreprise fasse faillite en 2012 et les laisse sur le carreau pour 420 millions de dollars.

La banque ayant servi de devanture légale se désolidarise de la chose et s’en frotte les mains. Le gouvernement chinois réagit aussitôt en trouvant d’autres investisseurs, et en forçant la banque impliquée à mettre la main à la poche. Les victimes du Shadow Banking, à savoir les 700 investisseurs, récupéreront la totalité de leur capitale et tireront un trait sur leurs intérêts.

Mais ça, c’était pour uniquement 500 millions de dollars. Que se passera-t-il si les 600 milliards de dollars financés à travers le Shadow Banking chaque année ne sont pas remboursés ?

Risque de crise immobilière en Grèce


La Grèce se redresse, mais n’est pas encore debout

Bonne nouvelle, la Grèce pourrait afficher un excédent budgétaire en 2014. C’est ce que nous apprend la troïka, précisant même que cet excédent budgétaire pourrait atteindre les 1 milliards d’euros. Sauf que l’on entend un autre son de cloche du côté des banques. Dans un rapport publié conjointement dans la presse grecque, les banques avancent que 2 millions de prêts sont aujourd’hui en défaut de paiement. Il y aurait dessus notamment 300 000 crédits immobiliers dont les remboursements n’ont pas été honorés depuis 3 mois.

crise immobilière

Pas de panique, nul doute que l’Union Européenne (UE) et le Fonds Monétaire International (FMI) vont financer tout ça. Eh bien justement, sans doute pas.

Retour probable des saisies immobilières

Les saisies immobilières peuvent reprendre en Grèce depuis le début de l’année 2014. Cela signifie que si ces 300 000 prêts immobiliers non-remboursés ne sont finalement pas soldés, on procédera à quelque 300 000 saisies dans la péninsule hellénique. Et 300 000 logements supplémentaires sur un marché toujours fragile, cela suffit pour provoquer une crise immobilière en Grèce.

Tout le monde connaît maintenant l’effet domino techniquement nommé « crise systémique », qui pourrait alors fort bien provoquer une crise financière en 2015. Une situation qui forcerait les banques centrales à faire fonctionner la planche à billets, avec les risques d’inflation que l’on connaît.