Prêt Brasseur: 100 000 euros gratuitement?



Si vous voulez ouvrir votre café et que vous n’avez pas d’argent pour cela, il y a une solution : le prêt brasseur. Cette grosse somme d’argent tombée du ciel peut vous permettre d’ouvrir un bar sans apport. Mais avant de signer l’offre de prêt, renseignez-vous bien :

  • Comment obtenir un prêt brasseur ?
  • Quelles vos être vos obligations ?
  • Est-ce facile de résilier le contrat ?
  • Quels sont les côtés négatifs de l’opération ?

Le crédit brasseur : pour ouvrir une brasserie sans apport


Trouver un fournisseur de boisson pour un bar n’est pas difficile : les grandes brasseries vont se bousculer pour devenir votre partenaire privilégié. Heineken, Carlsberg, si votre emplacement est bon, vous aurez l’embarras du choix.

Cette concurrence peut vous permettre d’obtenir à crédit l’argent qui vous manque pour ouvrir votre bar, grâce à un contrat brasseur. Car quand on se lance, on a peu souvent les fonds nécessaires disponibles.

Vous cherchez à ouvrir un commerce ? Lire aussi nos articles sur ceux qui marchent :

Comment ça fonctionne ?

Qu’est-ce-que le prêt brasseur ?

On l’appelle aussi le contrat bière. C’est un contrat qui lie le propriétaire du bar avec un grand brasseur. En échange de l’argent prêté, le propriétaire doit se servir uniquement chez ce fournisseur, c’est aussi valable pour le café, le vin et les boissons diverses.

Vous n’avez pas trop d’argent ? On vous donne des idées de commerces à ouvrir avec peu de sous.

Le saviez-vous ? C’est une pratique qui date du Moyen-Âge !


Pourquoi souscrire un contrat bière ?

Ne pas avoir le choix de ses produits ne se fait pas de gaieté de coeur. Bien souvent, on y a recours quand la banque ne veut pas suivre. Si vous êtes entrain de chercher un fonds de commerce, vous vous rendez vite compte que les établissements bien placés (et donc ceux qui vont rapporter) coûtent un bras.

En matière de commerce, il n’y a qu’une seule règle : l’emplacement. Vous comprenez pourquoi certains n’hésitent pas une seconde avant d’accepter l’offre de leur distributeur de boissons.

D’autres idées pour ouvrir votre business :

  1. Les franchises qui cartonnent en ce moment
  2. Le dépôt-vente

Que va vous donner le brasseur ?


  • D’abord il va vous prêter de l’argent. 100 000 euros si c’est une grosse affaire, un peu moins si c’est une petite affaire, de 30 à 50000 euros.
  • Vous n’aurez pas à acheter la tireuse à bière. Il va vous la prêter et vous l’installer gratuitement (de belles économies à faire là dessus). Le bon plan, c’est que si elle tombe en panne, un coup de fil et il vient la réparer.
  • Il va aussi vous charger en bière et en mobilier à l’effigie de sa marque.
  • Certains vont encore plus loin, en offrant la licence IV !

Cette vidéo peut vous intéresser, elle vous explique comment obtenir la licence IV et ce qu’elle coûte (et surtout comment il est difficile d’en avoir une !) :

Source : La Quotidienne

Et que devrait-vous lui donner en échange ?

On ne vous prête jamais de l’argent gratuitement. Il y a toujours une contrepartie. D’abord, il faudra rembourser le prêt, même si en fonction de votre CA, le brasseur peut se montrer peut presser de récupérer ses billes.

Ensuite, et c’est là que ça se corse (rien à voir avec la région) il faudra vous engager à passer un certain nombre de fûts par mois.

Les modalités du contrat


Rien de caché ni de sorcier dans les modalités. Attention : cela ne veut pas dire que vous n’avez pas une marge de négociation sur le taux du prêt et la durée de remboursement. Pensez aussi à inclure dans la négo le prêt de la machine à café (à condition que le café soit bon). Ca vaut une fortune.

Il faut que vous restiez bien concentré aussi sur la durée de l’exclusivité qu’on va vous proposer. Plus elle est longue, plus vous êtes pieds et poings liés (façon de parler).

BON À SAVOIR : vous ne pouvez pas conclure le même genre de contrat avec deux fournisseurs, dans quel cas vous seriez responsable pénalement et vous devriez payer de lourdes indemnités financières aux brasseurs lésés.

Et que se passe-t-il si vous vendez votre affaire avant la fin du contrat ?

Vous y trouverez une clause, qui s’appelle « clause de porte fort du distributeur » qui prévoie la cession du fonds de commerce. La personne qui va vous acheter le fonds devra continuer à honorer ce contrat jusqu’à son terme. Ca peut être un vrai frein à la vente.

En plus, vous êtes le garant de cela. Ainsi, s’il passe outre, même si vous n’êtes plus en activité, ça sera à vous de payer.

Pourquoi ce n’est pas toujours une bonne affaire ?

Avoir un contrat d’exclusivité avec un brasseur suppose que vous allez devoir accepter ses prix tant que vous n’aurez pas remboursé le prêt ou que vous vous servez de sa tireuse. Hors, celui-ci en profite un peu pour vous vendre ses produits à un prix plus élevé qu’ailleurs. Vous trouverez ainsi moins cher chez les petits distributeurs.

Préparez-vous donc à payer au dessus des prix du marché, ce qui peut vous bouffer votre marge, à moins de répercuter les prix sur la clientèle. Mais là, vous risquez de la perdre parce que vous êtes trop cher. Bref, c’est le serpent qui se mord la queue.

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Quels sont vos droits ?

BON À SAVOIR : la loi vous protège quand même un peu là-dessus, puisqu’elle n’autorise ce genre de contrat qu’à raison d’une exclusivité de 80%. Vous avez donc, en théorie, le droit d’aller vous servir ailleurs pour 20% de votre CA.

Le souci, c’est si le distributeur est mécontent car il estime que vous n’avez pas vendu les hectolitres prévus au contrat. Il peut alors le casser et il faudra le rembourser.

Que se passe-t-il en cas de contentieux ?

D’abord, si rien de particulier ne vient l’entacher, c’est un contrat valide si les deux parties y trouvent leur compte. Après tout, rien ne vous oblige à signer.

Vous ne pourrez pas évoquer la liberté de concurrence pour vous en dédouaner, car c’est une exclusivité limitée dans le temps. Enfin vous pouvez toujours essayer, mais les juges la reconnaissent rarement comme valable.

Après, vous pouvez toujours essayer de chercher la petite bête dans votre contrat, à savoir que votre consentement a été biaisé par exemple. Mais là, je vous souhaite bonne chance pour voir tout cela aboutir.

Vous voulez accepter ? Sachez que vous n’êtes pas seul !

Vous ne serez ni le premier ni le dernier à avoir passé un contrat avec votre brasseur. On estime que 8 cafés sur 10 qui s’ouvrent ont recours à ce système pour pouvoir se lancer. Le problème viendrait donc des banques, trop frileuses pour croire dans les projets des créateurs d’entreprise.

Pourquoi ?

Parce que pour vous prêter de l’argent, les banques vont vous demander un apport équivalent au crédit. Il faut dire, pour leur défense, que c’est un secteur économique où il y a beaucoup de bars qui font faillite. Les gens boivent moins, et puis il y a maintenant la concurrence des commerces qui vendent des bières artisanales et des tireuses à mettre chez soi.

Les cotés négatifs


Nombreux sont les tenanciers de bars qui poussent des coups de gueule contre ces contrats d’exclusivité. Le contrat brasseur ne fait pas que des patrons heureux, loin de là. C’est comme dans un couple. L’exclusivité est facile à vivre les premiers mois, après on s’aperçoit des défauts de l’autre…

Le premier étant que les groupes qui font des prêts brasseurs sont des mastodontes du secteur, et qu’à ce titre, vous allez vendre la bière des géants de l’industrie plutôt que celle des petits artisans (qui est pourtant celle que recherche de plus en plus le consommateur averti).

Vous aurez très peu de marge de manoeuvre pour proposer à vos clients des produits qui sortent de l’ordinaire, en tout cas pas à la pression (à la bouteille, à la limite).

L’avenir du prêt brasseur ?

Va-t-on vers plus de liberté ? Je le souhaite fortement, notamment pour permettre aux petites brasseries d’exister. Le consommateur en serait le grand gagnant. Il aurait du choix, ce qui l’aiderait sûrement à franchir la porte plus souvent.

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