Ouvrir une boulangerie (même sans diplôme) en France et dans le monde (Australie, Japon, Dubai, Etats-Unis, Angleterre…)



Devenir propriétaire d’une boulangerie pâtisserie en France, ou ouvrir une boulangerie française à l’étranger est un rêve pour beaucoup d’entrepreneurs. Comme pour tout business plan, il y a des conditions, plusieurs étapes et des normes à respecter. Alors comment faire ? D’abord, se lancer sur le territoire au ailleurs dans le monde ne supposent pas les mêmes investissements nécessaires. Ainsi, se lancer sans argent et sans expérience à Tokyo parait difficile. Le budget de départ va quand même être le coeur du sujet. A suivre : Combien ça coûte ? Dans quel pays ? Combien d’apport ? Est-ce rentable ? Sans oublier les nouvelles tendances, sans gluten et bio, la réglementation, le diplôme nécessaire… et trouver un nom !


En France


Vous êtes sans CAP, sans qualification ou sans formation, mieux vaut prendre votre temps et commencer par ces étapes là. En effet, il faut fabriquer le pain soi même. Pour se lancer sans diplôme, il faut avoir une expérience professionnelle d’au moins 3 ans comme dirigeant d’entreprise. Pour les autres, plusieurs solutions : se mettre à son compte en franchise, ou bien commencer dans une toute petite ville.

Dans un village

La qualité de vie recherchée ne doit pas faire oublier les exigences économiques. Combien d’habitants minimum dans un village pour bien gagner sa vie ? Beaucoup, mais malheureusement on assiste beaucoup à un dépeuplement en milieu rural. Ce n’est pas la meilleure des dynamiques pour les commerçants.

Mais certaines zones géographiques connaissent l’effet inverse, notamment avec l’arrivée d’une autoroute ou du TGV proche, voire d’un aéroport. Les parisiens notamment ont tendance à aller chercher de l’air pure. Mais même avec eux, on ne devient pas millionnaire en tant que boulanger quand on s’installe dans un village (mais ce n’est pas le but). Car l’été passé, il faut se coltiner l’hiver, et la qualité du pain et des viennoiseries, elle, doit être constante.



Pourquoi ?

La spécificité de la campagne impose de pouvoir proposer d’autres produits complémentaires, et des choses locales, pour répondre à la demande et aux difficultés d’approvisionnement.

Ce service devrait se matérialiser en un supplément de CA en fidélisant la clientèle, sans faire bouger les dépenses liées au matériel nécessaire. Pour se lancer dans cette aventure, mieux vaut déjà être en famille, cela facilitera l’intégration. Bon à savoir : il est possible de bénéficier de l’aide financière du FISAC.


Devenir boulanger ambulant

Pourquoi pas ? C’est une alternative qui suppose d’avoir un petit camion, et d’aimer faire des kilomètres dans des routes sinueuses. Attention : vous n’avez pas à obtenir l’autorisation de le faire si vous restez dans votre zone de production. Dans le cas contraire, il faudra faire les démarches pour obtenir la carte de commerçant ambulant.

Le faire en franchise

Cela peut simplifier les choses dans certains cas. Ouvrir une enseigne connue en franchise permet de se faire une clientèle rapidement, habituée à la marque, et de bénéficier du package de lancement.

Dans certains cas, cela peut même éviter de passer le diplôme de boulanger (si on ne fait pas le pain soi même, ou si on suit une formation dispensée par la franchise). Attention : la franchise à un coût, à l’ouverture, puis sous forme de redevance chaque année. Cela peut aussi impliquer d’être obligé de se servir en farine auprès du même meunier partenaire.

Banette

Nous sommes ici dans la boulangerie artisanale haut de gamme. Devenir Banettier n’est donc pas chose à prendre à la légère. Car la marque a bien des atouts à faire partager à ses franchisés, notamment sa notoriété. Depuis le temps qu’elle existe, tout le monde ou presque la connait, cela fait 30 ans qu’elle fait le bonheur des amateurs de pain, notamment grâce à la qualité de sa farine.

Mais la réussite d’une boulangerie, ce n’est pas que du bon pain, c’est aussi un agencement qui donne envie d’acheter et une communication sans faille ainsi qu’une formation à la hauteur. Banette, c’est tout cela à la fois.

Marie Blachère

Puisque la franchise est une aventure, autant être bien accompagné, par une boulangerie artisanale en plein développement avec un bon rapport qualité prix. Faire partie d’un tel réseau permet d’économiser sur les coûts, car la centrale d’achat est performante. Important aussi : l’accompagnement au quotidien et le programme de formations, notamment à la vente. Rappelons que la baguette Marie Blachère a récemment été élue saveur de l’année.

Pour un franchisé, c’est la possibilité de choisir entre la franchise totale ou la location gérance, pratique lorsqu’on n’a pas les moyens d’acheter un local. La différence d’investissement étant de 100000 euros. Il faut en effet apporter 200 000 pour être l’investisseur unique. Le droit d’entrée, lui, se monte à 40000 €. A cela s’ajoute un % sur le chiffre d’affaire pour la marque, la publicité et la location gérance (si c’est l’option choisie).

Campaillette

Cette marque de baguette lancée par les grands moulins de Paris gagne en notoriété (plus de 1300 enseignes qui proposent ce produit). C’est le travail du boulanger qui est particulièrement mis en valeur, sa qualité d’artisan, ainsi que le produit qui est composé de 7 farines spéciales.

La ronde des pains

L’enseigne est réservée aux boulangers diplômés. Mieux vaut donc savoir pétrir et cuir avant de vouloir ouvrir une franchise la ronde des pains. Le succès de l’enseigne ? Ses viennoiseries.

La Mie Câline

Difficile de dire non à des câlins. Mais pour intégrer la franchise, il faut respecter les étapes. D’abord, demander la documentation, qui sera envoyée à domicile, afin de tout connaître de la mie câline et donc de s’engager dans un partenariat en connaissance de cause. Si l’aventure vous tente, il faudra renvoyer un dossier afin d’être accepté dans le programme de franchise.

Tous les projets ne reçoivent pas l’aval de la marque, il faut être en adéquation. Puis viendra le temps de la réunion d’information, du premier entretien et de la rencontre avec les franchisés existants pour poser toutes les questions possibles et inimaginables. Enfin, nouvel entretien avec la direction au siège et choix de son lieu d’implantation en fonction des disponibilités. Il peut s’agir d’un création pure, ou du rachat d’un commerce existant. Après ce parcours, il sera alors temps d’entrer en formation pour mettre toutes les chances de réussite de son côté.

La Panetière

Quand on décide d’ouvrir une boulangerie, il faut savoir qu’il existe des variantes permettant de se diversifier du lot et d’affirmer sa singularité dans un secteur concurrentiel. Si la Panetière s’affiche comme une boulangerie traditionnelle, il faut savoir qu’elle se spécialise dans les produits italiens : pains spéciaux, pizzas et pâtisseries.

Paul

franchise PaulOn ne présente plus la franchise Paul, connue dans le monde entier. Mais pour faire partie du réseau, il va falloir entrer dans les critères. Rappelons que la première boulangerie Paul a été créée il y a 120 ans en France (dans le Nord). Aujourd’hui, la marque est présente sur tous les continents.

Il y a actuellement près de 450 franchisés. Il est possible d’intégrer le réseau en location gérance ou en franchise pure et dure. Dans ce dernier cas, il faudra trouver un local bien placé faisant au minimum 100 m2 et avoir 400000 euros d’apport personnel, sachant que le droit d’entrée se monte tout compris à presque 80000 €. Du côté des redevances : 1% par an pour la publicité et 5% sur le CA HT.

Pour la gérance, le droit d’entrée est de 60000, et il faut en apporter 12000 de sa poche, le reste pouvant être emprunté. La redevance globale est fixée entre 16 et 21% selon les magasins. Dans les deux cas, des formations complètes sont prévues.

Pour devenir franchisé chez Paul, il faut soit très bien connaître le métier, soi avoir déjà dirigé un commerce ou une équipe élargie. La combinaison des deux est un gros plus. Ensuite, il faut être motivé, ce qui ne surprendra personne.

Point chaud

Chaud devant : 120000 € d’apport minimum. Le concept ? Un terminal de cuisson qui permet de sortir à tout moment de la journée du pain croustillant, des viennoiseries et des sandwichs.  On trouve des points de vente en France, mais surtout en Belgique, berceau de la marque.

Les commerces sont en ville ou dans les centres commerciaux. Pas besoin d’être boulanger pour postuler puisque les enseignes ne fabriquent pas directement leurs produits. Il s’agit donc d’une collaboration globale et sur la durée. Il faut coller parfaitement aux standards de la franchise. La formation est constante, et elle est initialement prévue pour 6 mois. Tous les aspects seront abordés.

Ouvrir une boulangerie à l’étranger


Beaucoup de jeunes diplômés en rêvent. Réussir dans un autre pays que le sien est très gratifiant. Et quand le succès est là, la fortune peut venir pointer le bout de son nez, à la façon d’une success story à l’américaine. Reste que chaque pays à ses spécificités, et qu’il ne faut surtout pas se lancer sans connaitre les tenants et les aboutissants. C’est un projet qui se prépare, et qui doit être mûrement réfléchi pour ne pas se brûler les ailes et cramer toutes ses économies. On ne devient pas boulanger en Chine ou ailleurs sur un coup de tête.

L’idéal, quel que soit le pays choisi reste quand même de s’associer avec une personne du cru, ce qui ouvre bien des portes et évite les erreurs de débutant. Enfin, il faut parler anglais, et bien si possible ! (Le niveau collège est un handicap).

Mais une chose est certaine : tout le monde recherche du bon pain, que l’on soit un français expatrié ou un habitant du coin, et si vous avez un peu voyagé, vous savez que ce n’est pas chose facile !

En Australie

Le pays a vu arriver bien des boulangers ces dernières années et la concurrence commence à s’installer. Que vous choisissiez Brisbane, Sydney ou une plus petite ville, il y a fort à parier qu’il y aura déjà quelqu’un sur place pour vous faire de l’ombre. Toutefois, même si vous ne serez plus un pionnier en la matière, il y a encore des places à prendre. Avis donc aux aventuriers près à traverser la planète pour réaliser leur rêve.

boulangerie australie

Mais il faut savoir que n’importe qui ne peut pas devenir boulanger en Australie. Le baker, ou le pastry cook doivent avoir les qualifications nécessaires pour le faire : le CAP  doit être validé par le Trades Recognition Australia (TRA). Même chose pour le niveau d’anglais, qui sera lui aussi noté et fera partie du processus.

Pour avoir son visa de travail, il faut se faire engager sur place (l’employeur devenant alors le sponsor) ou monter son entreprise. Comme de toute façon il faut être sur place pour lancer la machine, il est possible de démarrer avec un Working Holiday Visa qui permet de rester 2 ans en Australie afin de lancer son projet.

Au Japon

Le pays du soleil levant à longtemps été une mine d’or pour les boulangers français en quête d’exotisme et de fortune, avec la reconnaissance allant avec. Car si en France les boulangers sont considérés comme des commerçants lambdas, certains sont devenus de véritables stars au Japon. De quoi donner des idées et des envies aux collègues qui se morfondent au fond du Limousin !

Mais il ne suffit pas d’avoir un peu d’argent et de vagues projets pour ouvrir son commerce à Tokyo. La culture japonaise n’a rien à voir avec ce que nous connaissons en France. L’exigence demandé y est à son maximum, la concurrence aussi, et il n’y aura aucune place pour le laxisme, sous peine d’un retour ultra rapide à la case départ, et au pays le cas échéant. Etre expatrié est loin d’être facile. Il faut du courage, beaucoup de courage. La réussite n’en aura que plus de saveur.

boulangerie Japon

Quelques conseils à suivre pour ceux qui veulent se lancer

D’abord la langue. Si on ne maîtrise pas le japonais, cela sera obligatoirement un frein, les gens parlant un anglais compréhensible n’étant pas si nombreux que cela. Pour ce qui est des formalités, le mieux est de se mettre en rapport avec l’ambassade du Japon, les règles et les accords entre les pays pouvant évoluer dans le temps.

Sachez tout de même qu’il existe ce qu’on appelle un visa vacances-travail (WHV) qui est valable un an. Pour les entrepreneurs, il faut avoir de l’expérience et les diplômes allant avec. Si vous êtes un tout jeune boulanger, il vaut mieux commencer par trouver du travail sur place en tant que tel, et de faire ses armes avant de devenir son propre patron.

De toute façon, il faudra se rendre sur place quelques mois pour voir les opportunités (faire des repérages) et surtout pour savoir si la façon de vivre peut vous convenir, ainsi que le niveau de vie (très cher).

Aux Etats-Unis

L’ Amérique, je veux l’avoir, et je l’aurais… Le rêve américain existe toujours, bel et bien. Mais vous n’êtes pas le seul à l’avoir, et il faudra savoir se démarquer face à une concurrence de plus en plus affutée qui fait du pain, et très bien ! Mais pour réussir aux USA, il ne faudra pas oublier une règle : il faut être entrepreneur avant tout.

Bien savoir gérer une entreprise sera la clé du succès. Le deuxième sera de ne pas sous-estimer les américains : ils aiment les bonnes choses, et savent reconnaître les produits de qualité. Enfin, n’oubliez-pas : vous avez le droit de vous planter. C’est juste qu’il faudra avoir la force de se relever, et la trouver dans son échec.

Le pays, lui, attire pour sa flexibilité dès qu’il s’agit du monde de l’entreprise. On a donc envie d’y aller pour prendre des risques, la recette équivalente n’étant pas forcément simple à mettre en place en France. Et puis, ce retrouver dans un pays où l’état d’esprit ne tend que vers le succès apporte énormément de motivation.

San Francisco, Los Angeles et la Californie

Le climat y est agréable et le pouvoir d’achat bon. Les villes de Californie sont donc forcément les préférées des français. Et il y en a quelques uns qui y ont très bien réussi. Le fondateur de La Boulange a ainsi revendu sa chaîne à Starbucks pour 100 millions USD. Le petit français avait commencé son aventure par Los Angeles à l’époque où il fallait se lever tôt pour trouver du bon pain. Malin, il avait donc commencé par ne livrer que les restaurants. S’en est suivi San Francisco, avec une toute petite boutique.

boulangerie los angeles

Pour réussir comme boulanger en Californie, il faudra prendre en compte l’aspect calorie des produits, les californiens faisant beaucoup plus attention aux calories et à leur corps que le reste de l’Amérique.

New-York

C’est le graal. Mais pour faire son trou dans la grosse pomme, il faudra éviter les erreurs. La première est liée à l’argent. Les locaux commerciaux sont très chers à New-York, il faudra donc ne pas y venir avec les poches vides. L’idée n’est pas de tenir 3 mois mais de créer un business qui perdure.

Et avant de gagner des sous aux USA, il va falloir apprendre à en dépenser. Cela passe par s’entourer de pros qui sont sur place, notamment un excellent avocat rompu au monde des affaires aux Etats-Unis, et s’ils sont bons, les notes d’honoraires seront en conséquence.

L’étude de marché, elle, devra être la pierre angulaire du projet, et il ne faudra pas attendre d’être sur place pour s’y coller. La distance ne doit pas empêcher de coller au plus près de la réalité, Internet sert aussi à cela. Rien ne sert de courir, il faut donc partir à point.

Miami et la Floride

Quand vous aurez réussi dans votre business aux USA, vous pourrez aller nager avec les dauphins, pas avant ! Et n’oubliez pas qu’entreprendre au pays de l’oncle Sam, c’est aller directement au coeur des choses et communiquer à tout va. Le business aux US n’a rien à voir avec celui qu’on pratique en France.

La singularité de Miami, c’est d’avoir beaucoup de cubains dans sa population, et d’Haïtiens.  Avoir des produits qui s’adressent aussi à ces deux communautés peut donc être un plus.

A Las Vegas

Vegas, ce sont essentiellement les grands hôtels du strip. C’est en tout cas là qu’il y a de l’argent à prendre, rien ne sert d’aller s’installer dans les quartiers en périphérie, qui sont soient très pauvres, soit avec pas un commerce à l’horizon. A Las Vegas, il faut savoir qu’il fait très chaud toute l’année. Une occasion en or pour lancer un business de glaces !

Dubai et le Qatar

Créer une société au Qatar ou à Dubai pour un français est assez simple. Mais le point central d’un business à Dubai va rester l’emplacement de la boulangerie. S’installer dans une zone franche va permettre de bénéficier de gros avantages fiscaux contre peu de contraintes. Ne pas payer d’impôts quand on lance son entreprise est quand même un gros plus.

boulanger dubai

Mais aller au Qatar pour ouvrir une boulangerie, cela ne s’improvise pas. La culture du pays, notamment, est totalement différente de la notre, et il ne faut pas compter faire fortune qu’avec les seuls expatriés, même s’ils sont nombreux dans le pays. Idéalement, il faudrait parler l’arabe et l’anglais.

La première servira au quotidien et la deuxième dans les échanges commerciaux. Si les pays du golf sont attractifs, il faut quand même bien savoir où on met les pieds avant de s’engager.

Londres, l’Angleterre et l’Irlande

La Grande-Bretagne n’est pas encore sorti de l’union européenne, même si ses citoyens l’ont rejeté lors du référendum. Il n’y a donc pas encore péril en la demeure. Toutefois, pour un français, les conditions pour créer une entreprise à Londres ou dans le reste de l’Angleterre vont sans doute être bouleversés.

Le problème, c’est qu’on ne sait pas encore vraiment ce que sera l’impact pour les entrepreneurs d’une sortie de l’union européenne. En attendant d’en savoir un peu plus, mieux vaut donc prendre son temps avant d’aller s’installer comme boulanger en Ecosse ou en Irlande. La Grande-Bretagne sera sans doute moins attractive pour un créateur d’entreprise français dans les années à venir. En attendant, il y a sans doute d’autres opportunités ailleurs en Europe.

Ouvrir une boulangerie, c’est presque une vocation. Si le métier est dur, quand les affaires marchent, c’est le jackpot. Mais avant d’en arriver là, il faudra relever ses manches bien haut et travailler d’arrache pied. Bonne chance à tous ceux qui ont la fibre d’entrepreneur en eux. Mais n’oubliez pas : le commerce doit être rentable ! Pour ceux qui voudraient faire autre chose que boulanger, il y a aussi d’autres idées rentables.