Cours de l’or 2017: Apple Watch et Janet Yellen influencent les prix !



L’or a connu ses heures de gloire juste après l’impact de la crise précédente. Valeur refuge par excellence, les investisseurs se sont précipités pour acheter lingots et Napoléons, afin de les stocker en attendant des jours meilleurs. Ils ont eu raison, car le cours a grimpé en l’espace de 2 ans. En supplément le programme Quantitative Easing de la Fed maintenait l’intérêt de l’once, pour rendre les placements habituels moins attractifs. Alors forcément les traders étaient suspendus aux lèvres de Janet Yellen, attendant qu’elle annonce une remontée de ses taux directeurs. Elle ne l’a pas fait, sauvant ainsi le cours du métal jaune.


Quel rapport entre les cours de l’or et la politique monétaire de la Fed américaine ?


La journée où la FED intervient est toujours attendue par les économistes du monde entier. Car ce qui est dit par la directrice de la banque centrale des États-Unis, la réserve fédérale ou plus communément la Fed, est scruté, et on guette la fin de son programme de rachat de dettes.

Pour mémoire, les USA avaient fait sensation en lançant un programme massif de rachat de dettes auprès des banques afin d’endiguer la crise financière. Dans cette configuration la banque centrale rachète des obligations, garantissant son remboursement. Les banques se retrouvent ainsi avec une forte masse de liquidités, qu’elles peuvent injecter dans l’économie, par exemple en investissant dans des entreprises ou en construisant des immeubles. 


Le Ying et le Yang

Mais ce dispositif qualifié de suicidaire par certains économistes européens peu enclins à la prise de risque, a également son revers de la médaille. Dès lors que la dette souveraine devient moins risquée, elle est également moins chère. Or les investisseurs institutionnels que sont les fonds d’assurance et de pensions, ne peuvent désormais plus acheter des obligations d’État au même rendement qu’auparavant. Par effet domino ce sont tous les placements qui deviennent de moins en moins attractif.

Et que fait l’or lorsque les placements classiques ne sont plus aussi intéressants ? Il remonte et c’est exactement ce qui s’est progressivement passé, toutefois dans de moindres proportions par rapport au début de la crise.



Le cours de l’or profite de la patience de Janet Yellen


acheter des lingotsL’once d’or cotait un peu au-dessus de 1150 $ il y a 5 ans, pour vivre une remontée fulgurante jusqu’à l’été qui a suivi. Depuis les programmes de rachat de dettes de la Fed avaient commencé à faire leur effet. Le cours descendit progressivement jusqu’au l’arrivée de Janett Yellen, plongeant la planète financière dans le doute.

Cette nouvelle nomination était-elle dans le but de fermer les robinets et d’en finir avec le programme de Quantitative Easing ? Si oui les taux devraient alors remonter, rendant la dette américaine plus attractive, au détriment de l’or qui devait perdre de valeur.

Seulement le professeur d’économie émérite américaine prend son temps. Les cours de l’or commencent tout de même à descendre progressivement, les bruits courant qu’il faudra bien un jour relever les taux de refinancement de la réserve fédérale américaine.

Et puis fidèle à son habitude, Janet Yellen annonce jouer la prudence, donnant priorité à l’emploi aux États-Unis plutôt qu’à la politique monétaire. Oui il faudra bien remonter les taux un jour, mais non ce n’est pas pour l’instant. Et de toute façon il ne faut pas s’attendre à un effet de choc, la révision sera progressive. Voilà les marchés rassurés. Le précieux métal jaune retrouve ainsi de l’attractivité qu’il avait perdue l’été dernier.

Le cours de l’or a failli être dopé par L’APPLE WATCH


apple watchOn dit souvent qu’avec Apple, c’est la bourse sans risquesen tout cas le cours de l’action monte (attention au krach boursier quand même). Après le I Phone voici L’APPLE WATCH, dernière évolution du géant de Cupertino. Alors que le monde entier s’attendait à un boîtier élégant en PVC, voilà que Tim Cook annonce une version de l’Apple Watch, estimée à 11 000 €. Pourquoi ? Parce que son boîtier serait fait en or de 18 carats.

Alors bien sûr les blogueurs prennent leur calculette, consultent les chiffres de la production mondiale et y vont chacun de leurs prévisions apocalyptiques.

Les bruits finissent par courir que si Apple vend 1 million de montres par mois, à raison de 62,2 grammes d’or entre le boîtier et la boucle, le géant américain aura besoin d’acheter 746 tonnes du précieux métal jaune par an, ce qui aurait représenté 30 % de la production annuelle mondiale. Sauve-qui-peut, précipitez-vous sur vos plates-formes de trading, les cours vont exploser.

Revenir à la réalité

Tout bien considéré le boîtier de la fameuse Apple Watch Edition ne devrait pas contenir plus de 41 grammes d’or par montre, dans le pire des cas. En supplément les prévisions de 12 millions d’unités vendues par an s’apparentent à de la science-fiction, si l’on considère la concurrence suisse et les ventes actuelles en berne.

Car les montres de luxe sont un investissement patrimonial, et même si seuls quelques modèles privilégiés vont prendre de la valeur dans le temps, une montre à 11 000 € ne perd pas autant de valeur qu’un gadget de chez Apple, prévu pour être obsolète au bout de quelques années.

En se basant sur la production d’or mondiale en tenant compte du recyclage de l’extraction (4278 tonnes), et en partant du principe que dans le meilleur des cas l’Apple Watch Edition se vendra 1 million d’unités par an, la firme devra donc acheter 0,7 % de la production mondiale annuelle d’or.

On est donc bien loin des 30 % annoncés un peu partout sur Internet, mais tout de même. Le succès du dernier bijou/gadget de Tim Cook pourrait fort bien donner un coup de pouce à la production mondiale, et par conséquent influer sur les cours de l’or. Pour l’instant ce dernier ne bouge pas, dans l’attente d’une révision de croissance à la baisse.